[CRITIQUE] : The Batman (2022)

the batman

Réplique culte :

Je suis la vengeance. 

Sortie : 04 mars 2022 aux Etats-Unis,
02 mars 2022 en France

Réalisation : Matt Reeves

Scénario : Matt Reeves & Peter Craig

Musique : Michael Giacchino

Distribution : Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Paul Dano, Colin Farrell, Jeffrey Wright, Andy Serkis. 

Synopsis :

Deux années à arpenter les rues en tant que Batman et à insuffler la peur chez les criminels ont mené Bruce Wayne au coeur des ténèbres de Gotham City. Avec seulement quelques alliés de confiance – Alfred Pennyworth, le lieutenant James Gordon – parmi le réseau corrompu de fonctionnaires et de personnalités de la ville, le justicier solitaire s’est imposé comme la seule incarnation de la vengeance parmi ses concitoyens. Lorsqu’un tueur s’en prend à l’élite de Gotham par une série de machinations sadiques, une piste d’indices cryptiques envoie le plus grand détective du monde sur une enquête dans la pègre, où il rencontre des personnages tels que Selina Kyle, alias Catwoman, Oswald Cobblepot, alias le Pingouin, Carmine Falcone et Edward Nashton, alias l’Homme-Mystère. Alors que les preuves s’accumulent et que l’ampleur des plans du coupable devient clair, Batman doit forger de nouvelles relations, démasquer le coupable et rétablir un semblant de justice au milieu de l’abus de pouvoir et de corruption sévissant à Gotham City depuis longtemps.

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Genèse du film : 

En pleine construction d’un DCEU (DC Extended Universe), univers rival du MCU de la maison Marvel, la Warner, en 2015, confie à Ben Affleck le soin de réaliser un nouveau film solo Batman. Nouveau détenteur du costume ailé à partir de « Batman vs Superman » sorti un an plus tard, Affleck écrit un scénario qu’il espère réaliser pour la société de production. Une première de mouture de casting est révélée, avec notamment Joe Manganiello dans la peau du vilain « Deathstroke », un mercenaire-assassin rappelant Deadpool. Mais, durant les deux années suivantes, le projet patine puis s’enlise jusqu’au départ d’Affleck à la réalisation en 2017.
Alors en pleine post-production du troisième volet de la Planète des Singes version reboot, Matt Reeves est choisi pour prendre la relève. Il réalisera et coproduira le film. L’histoire du film est totalement remaniée, avec un souhait de liberté créative pour Reeves.

2019. Affleck confirme qu’il ne sera plus l’interprète de Batman dans cette nouvelle version du chevalier noir. Le scénario se précise tout en restant secret. Après une vague de spéculations, le casting est enfin annoncé avec Robert Pattinson dans le rôle-titre. Il sera alors le septième acteur à incarner le justicier sur grand écran. Il sera accompagné de sa célèbre acolyte Catwoman, de l’énigmatique Riddler, du redoutable et flamboyant Pengouin ainsi que de l’équipe habituelle (le majordome Alfred, le commissaire Gordon et quelques malfrats bien connus de l’univers DC).

2020. Il est confirmé que The Batman ne fera pas partie du DCEU, à l’instar de « Joker ». Le tournage débute en janvier 2020 pour s’achever en mars 2021, dans un contexte sanitaire que nous connaissons. L’épidémie de Covid-19 et ses conséquences impactent considérablement le tournage avec notamment une mise en quarantaine de Robert Pattinson, en septembre 2020, alors testé positif.

Cette même année 2020 s’annonce très riche en informations et sont révélées entre autres la nouvelle batmobile, plusieurs images inédites et l’identité du nouveau compositeur, le très tendance Michael Giacchino (Spiderman la nouvelle trilogie, Mission impossible, Jurassic World…).   Les premiers trailers sortent, et la hype s’en suit… L’attente semble alors interminable. L’intrigue du film est bien gardée jusqu’à la sortie. Le mystère demeure entier…

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Beau succès au box-office sans atteindre les cimes de Marvel, The Batman est une audacieuse relecture du mythe. Confiée au talentueux Matt Reeves, ce nouveau film propose une version détective du chevalier noir, alors dans son année 2. Sa place dans Gotham n’est pas encore bien établie et respectée par ses concitoyens.
Ce Batman cru 2022, enquêteur en proie à ses propres doutes, évolue dans un univers de corruption incroyablement sombre. Le décorum urbain est sans appel. La ville, jadis gloire de la famille Wayne, est en proie au chaos, dirigée par des parrains sans pitié tel Carmine Falcone. Il pleut sans interruption. L’obscurité annonce le danger, la mort. La violence est perceptible à chaque coin de rue. Et l’espoir peine à arriver, bien que pourtant si présent dans l’esprit du justicier. Ce Batman est la colère. Ce Batman est la vengeance.
C’est en découvrant de terribles secrets, à l’image d’un James Bond en construction dans Casino Royale en 2006, qu’il deviendra le héros masqué que l’on connaît. Un parcours semé d’embûches, un récit puisant sa force dans l’essence même des comics (Miller, Loeb et même un zeste de Bermejo). Une galerie de personnages connus de l’univers DC se retrouve ici, tout comme Bruce Wayne, en pleine construction. Sans être une origine story comme le Batman Begins de Nolan en 2005, The Batman raconte des débuts, les balbutiements d’un héros parfois anti-héros.
Ne vous attendez pas à un déferlement d’action. Ce Batman se vit comme un thriller prenant son temps, proche du style de Fincher sur Seven. Pourtant les quelques rares scènes d’action proposent une expérience viscérale magnifiée par le score d’un Giacchino hyper inspiré et une photographie somptueuse de Gregg Fraser (déjà responsable du superbe Dune de Villeneuve).

Parlons du casting. Un casting de choix porté par des interprètes venant de tous bords, de bankable Colin Farrell à la star montante Zoë Kravitz en passant par le génial Paul Dano, ex-Villeneuve souvent abonné aux films d’auteur. En résultent des versions des personnages surprenantes mais diablement excitantes dont une Catwoman au charme ambigu et irrésistible, un Riddler machiavélique à souhait (rappelant par la même occasion la folie du Joker de Ledger) et l’inquiétant Pingouin, encore simple homme de main, campé par le méconnaissable Colin Farrell.
Pattinson, quant à lui, incarne à merveille Batman et son ami schizoïde Bruce Wayne. Il livre une interprétation enfiévrée du personnage, avec comme principale inspiration un certain Kurt Cobain (d’où la reprise du titre « Something in the Way » de Nirvana). Un Batman/Wayne solitaire, bougon et encore loin de la vérité…

Seul bémol de ce formidable film : une durée avoisinant les 3h, qui aurait mérité d’être réduite. Certaines scènes, bien que toutes utiles à l’avancement de l’histoire, ont tendance à s’étaler.
Allez courez voir ce Batman, plongez dans un Gotham plus sombre que jamais avec quelques surprises au bout !

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© Victor Leblanc